Nour Belkasmi termine sa troisième année en design d'interface. Elle a passé deux semaines à assembler son portfolio avant de le montrer à Sylvaine Dreyfus, responsable créative dans une agence de Montréal. La conversation qui a suivi a changé sa façon de présenter son travail.
Ce que les étudiants mettent en avant
La majorité des portfolios étudiants montrent des projets finis, soignés, avec de belles maquettes. Nour avait fait pareil : douze projets, tous présentés avec des visuels propres. Sylvaine a parcouru le portfolio en moins de quatre minutes. Ce n'est pas parce que le travail était mauvais.
Ce que les recruteurs cherchent réellement
Sylvaine recrute des designers capables de prendre des décisions sous contrainte. Elle regarde les études de cas, pas les images finales. Elle veut voir : quel problème existait au départ, quelles pistes ont été explorées, pourquoi certaines ont été abandonnées. Un projet avec une contrainte documentée et une solution imparfaite mais argumentée vaut plus qu'une belle maquette sans contexte.
Sylvaine Dreyfus — Je peux enseigner un outil. Je ne peux pas enseigner le raisonnement. Si le portfolio ne montre pas comment l'étudiant pense, je n'ai rien sur quoi m'appuyer.