Quand on demande à des étudiants en design ce qu'ils trouvent le plus difficile, la réponse la plus fréquente est la typographie. Pas parce qu'il y a trop de règles, mais parce que les règles seules ne suffisent pas. Renaud Thibodeau, formateur en design éditorial depuis neuf ans, en parle avec clarté.
L'erreur de départ
Les étudiants apprennent les règles typographiques comme un code : telle police pour les titres, telle taille pour le corps de texte, telle interligne. Ils appliquent ces règles correctement et pourtant le résultat semble faux. Renaud explique que la typographie ne fonctionne pas par règles isolées, mais par relations. La taille d'un titre n'a de sens que par rapport à ce qui l'entoure.
Ce que l'expérience change
Après plusieurs années de pratique, les designers ne pensent plus aux règles — ils perçoivent directement les tensions et les équilibres dans une composition. Cela s'acquiert par l'exposition répétée à des exemples analysés, pas par la mémorisation de valeurs. Renaud demande à ses étudiants de copier à la main des mises en page publiées, en notant chaque choix. Cet exercice, fait sur six semaines, produit des résultats mesurables en critique.